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Ingénierie des récompenses et des distinctions
| «
Aemulare. Pour une sociologie historique du
management honorifique », dans Pascale Laborier,
Frédéric Audren, Jakob Vogel (dir.),
Les sciences camérales. Activités pratiques et histoire
des dispositifs publics, Paris, Presses Universitaires de
France, 2011, p. 569-590. |
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| 2009 | |||
| «
Les distinctions honorifiques au CNRS. Genèse, pratiques, usages
», dans Bruno Dumons, Gilles Pollet (dir.),
La fabrique de l’honneur. Les médailles et les décorations en France, XIX-XXe siècles, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2009, p. 197-217. Depuis longtemps, la pérennisation du pouvoir royal s’était appuyée sur un ensemble de techniques, de dispositifs et de pratiques de gouvernement parmi lesquelles se distinguait l’attribution d’une médaille ou d’une décoration qui permettait de mettre à l’honneur un sujet. Si les révolutionnaires de 1789 ont décrété la suppression de ces ordres royaux, l’Assemblée nationale de 1791 a considéré qu’il y avait toujours lieu d’attribuer des marques d’honneur aux citoyens. Bonaparte reconnaît au Conseil d’État en 1802 qu’une telle technique n’est pas incompatible avec l’idéal républicain: Je défie qu’on me montre une République ancienne ou moderne dans laquelle il n’y a pas eu de distinctions... " Ainsi, l’honneur devient une affaire de mérite, rationalisable et génératrice d’un nouveau modèle d’élites. Recevoir une décoration, c’est donc être mis à l’honneur publiquement par l’institution qui la décerne. L’individu récompensé incarne un exemple de « vertu » et de « mérite ». L’attribution d’une médaille appartient à une logique de « distinction » et devient progressivement une « technique de gouvernement ». Dès le début du XIXe siècle, un véritable engouement pour les médailles et les décorations s’empare d’ailleurs de la nouvelle société bourgeoise. L’Empire et la République irais égaleraient l’Eglise ont distribué chacun à profusion ces marques de reconnaissance. Cette inflation de récompenses honorifiques qui ne se dément pas jusqu’au milieu du XXe siècle, et dans une large mesure jusqu’à nos jours, appelle une réflexion générale et une analyse socio-historique qui n’a jusqu’alors guère suscité l’intérêt des chercheurs en sciences sociales. Préalablement considéré comme poussiéreux et futile, réservé aux numismates et aux érudits, cet objet d’étude peut être revisité sous une double approche qui envisage la médaille et la décoration comme une technique relevant des « sciences de gouvernement » et un outil de fabrication des nouvelles élites. Pour la première fois, une confrontation entre politistes, juristes et historiens a permis d’envisager, à partir de synthèses et d’études de cas empiriques, les multiples aspects qui entourent cette « technique de gouvernement » et les différents profils (l’élite générée et légitimée par la « pratique décorative » d’État. (Ce descriptif se rapporte à l'ouvrage) |
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| « Pour une histoire matérielle des récompenses », Hypothèses 2008. Travaux de l'école doctorale d'histoire de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Paris, Publications de la Sorbonne, 2009, p. 233-238. |
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| 2008 | |||
| « Une fidélité épinglée. Récompenses honorifiques et stratégies clientélaires dans le Grenoble du ministre Alain Carignon », dans Gilles Bertrand, Ilaria Taddei (dir.), Le destin des rituels : faire corps dans l’espace urbain, Italie-France-Allemagne, Rome, École française de Rome, 2008. |
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| 2007 | |||
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Le mérite et la
République. Essai sur la société des émules, Paris,
Gallimard, 2007. Elles sont partout – dans les entreprises, les administrations, les académies, à l'école, à l'armée, dans le sport, la littérature, la science, les médias... Abolies en 1790 par la Constituante au nom de l'égalité nouvelle, raillées par Tocqueville comme pâles imitations, «ni bien réglées ni bien savantes», des mœurs aristocratiques, les «distinctions» redeviennent très vite, pour la République, un moyen de conduire les esprits et les corps. On ne compte plus aujourd'hui les décorations officielles qui prétendent être la juste mesure du mérite. La «révolution disciplinaire» de Michel Foucault a érigé la peine en moyen de contrôle social. Or l'emprise de la récompense, autre technique du pouvoir, n'est pas moindre. Surtout depuis que l'émulation managériale en a fait une figure centrale de la dynamique capitaliste. Cette émulation décorative attendait son historien. Aujourd'hui banalisée et professionnalisée, hiérarchisée et fonctionnelle, la récompense au mérite, par des signes purement honorifiques ou des primes en numéraire, est devenue, pour la démocratie libérale, une entreprise permanente de cotation sociale. La démocratie n'a pas abaissé les grandeurs, encore moins avili les dignités comme le craignaient ses détracteurs, effrayés par la montée de la roture et de l'État. Non, elle en a fait un nouveau moyen de salut : à chacun de devenir, pour son bien, un émule – tout à la fois un rival et un exemple. |
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Voir le cahier iconographique : |
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| 2006 | |||
| «
Hiérarchiser
des égaux. Les distinctions honorifiques sous la Révolution
française », Revue française d'histoire des idées
politiques, 23, 2006, p. 35-54. Pas de pire manifestation de la tyrannie, aux yeux des révolutionnaires, que le commerce des rubans et des médailles. Non seulement parce qu'il contredit le principe d'équivalence entre les hommes mais parce qu'il est associé, depuis la chute de l'Ancien Régime, au pouvoir honni de la noblesse. Proclamés égaux devant la loi, les citoyens furent-ils pour autant privés de signes de distinction ? Ce fut la conviction d'une historiographie qui s'attacha pendant longtemps à interpréter la suppression des dignités d'Ancien Régime comme l'entrée en souveraineté d'une « égalité abstraite » . Le citoyen, un être sans qualité ? C'est à cette question que tente de répondre cet article en examinant la genèse, les pratiques et les usages des distinctions honorifiques durant la période révolutionnaire. |
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| «
Les rubans
du passé. Sur le Bicentenaire de la légion d’honneur », in
Claire Andrieu, Marie-Claire Lavabre, Danièle Tartakowsky (dir.),
Politiques du passé. Usages politiques du passé dans la
France contemporaine, Aix-en-Provence,
Publications de l’Université de Provence, 2006, p. 147-158. |
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| « The Market of Honors : On the Bicentenary of the Legion of Honor », French Politics, Culture & Society, vol. 24, n° 1, printemps 2006, p. 8-26. |
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| « Cérémonies et diplomatie », « Honneurs », « Réceptions présidentielles », dans Claire Andrieux, Philippe Braud, Guillaume Piketty (dir.), Dictionnaire de Gaulle, Paris, Bouquins / Robert Laffont, 2006, p. 183, 611 et 987. |
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| 2005 | |||
| « Récompenser la vertu. Sur la charité "scientifique" de l’Académie des Sciences morales et politiques », Mélanges de l’École Française de Rome, t. 117, 2, 2005, p. 871-892. |
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| «
Le marché des
honneurs : les théories de la récompense chez Giuseppe Gorani et Jeremy Bentham
», dans Guy Bensimon (dir.),
Histoire des représentations du marché, Paris, Michel
Houdiard éditeur, 2005, p. 709-728. Les hommes des Lumières n'ont cessé de s'interroger sur la meilleure façon de conduire les corps et les esprits. La notion d'"intérêt" leur a semblé fournir la solution. Au point qu'ils l'ont appréhendée comme la matière première d'une sorte de manufacture de l'ambition. Non plus en vue de la dispensation de biens spirituels - les biens de salut se dissipent avec l'éloignement du paradis - mais dans un but plus immédiat : l'adjudication de signes de grandeur. Gouverner par les récompenses : voilà comment fut imaginé ce nouveau pouvoir social. D'où l'importance du débat sur les conditions qui permettraient aux traditionnelles "distinctions" de s'imposer comme une technique autonome. Mon propos sera justement de montrer que cette théorie nouvelle - celle de la "motivation" et de la "performance", c'est à dire du management honorifique - s'est affirmée dans le mouvement même et par lequel la récompense, se distinguant de libéralité et de la faveur, est devenue l'objet d'une science de gouvernement. |
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| 2004 | |||
| «
Gouverner par les
honneurs. Distinctions honorifiques et économie politique
dans l'Europe du début du XIXe siècle », Genèses,
55, 2004, p. 4-26. {numéro Démocratiser les honneurs, coordonné par O. Ihl} L’auteur s'interroge, au titre de la genèse d'une science de gouvernement, sur l'entrée des honneurs dans le giron de l'économie politique. A la façon dont les traditionnels « bienfaicts » monarchiques se sont constitués en technique de gouvernement à part entière. En somme, à la manière dont ils sont devenus sous le label de l'émulation un mode de motivation et de classement des agents des administrations publiques, en France, en Grande-Bretagne et en Italie. Car très vite, ce mot d'ordre est devenu un lieu commun : celui d'une science du mérite réputée ouvrir la voie à un gouvernement par les récompenses. C'est à en comprendre les conditions d'invention mais aussi la force d'accréditation qu'est consacrée cette enquête. |
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| 2002 | |||
| «
Emulation through
Decoration : A Science of Government ? », dans Sudhir
Hazareesingh (dir.),
The Jacobin Legacy in Modern France,
Oxford, Oxford University Press, 2002, p. 158-182. Cet article reprend en langue anglaise les résultats d’une étude conduite sur les titres et les honneurs dans l’Europe du XIXe siècle, des signes analysés comme une technique de gouvernement à part entière. Rationalisés par une bureaucratie en pleine expansion, ces marques de grandeur forment un moyen d’émulation aujourd’hui banalisé, au point de ne plus être interrogé en tant que tel. Revenant sur leurs conditions d’invention, ce travail propose une grille de lecture des usages et des fonctions au travers desquels la société de l’honneur d’Ancien Régime a donné naissance à une administration des honneurs, creuset d’une véritable science de gouvernement. |
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| Articles
«
Les Fêtes civiques nationales », «
Le Gouvernement », «
Honorer
», «
Les Lieux », «
Le Public et le privé », «
La Vertu
», «
Conclusion : La République vue
d'ici. Liberté, Egalité, Fraternité », dans Vincent Duclert, Christophe Prochasson (dir.),
Dictionnaire critique de la République, Paris, Flammarion,
2002. Qu'est-ce que la République ? Une succession de régimes et un ensemble d'institutions, une multiplicité de symboles et une pluralité de significations, d'idées, de valeurs, que lui ont conférés une fourmillante histoire de plus de deux siècles. Ce Dictionnaire propose d'en restituer toute la richesse. Si bien des formes sociales, culturelles et politiques qu'elle a pu autrefois traduire n'ont plus de pertinence aujourd'hui, leur héritage nous concerne au premier chef. Il conditionne la construction de la France de demain. Loin de s'enfermer dans une vision dogmatique qui en méconnaîtrait l'histoire, ce Dictionnaire critique redonne au contraire clair à une notion sur laquelle tous ou presque semblent s'accorder. La République est bien plus qu'un simple consentement formel. Elle représente un patrimoine culturel et politique commun. Dans son horizon s'inscrit tout un ensemble d'actes publics, de comportements privés voire d'ajustements intimes qu'il fallait déchiffrer. Comprendre la République, c'est éclairer l'histoire d'une culture nationale et d'une tradition démocratique sur lesquelles l'esprit critique se doit d'intervenir. C'est aussi faire œuvre de citoyen. (Descriptif se rapportant à l'ouvrage) |
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| « La monumentalisation de la voie publique. Sur les politiques d'attribution des noms de rues aux XIXe et XXe siècles », dans Philippe Poirrier (dir.), Les collectivités locales et la culture. Les formes de l'institutionnalisation, XIXe-XXe siècles, Paris, La Documentation française / Comité d'Histoire du Ministère de la Culture / Fondation des sciences de l'homme, 2002, p. 127-144. |
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| 2000 | |||
| «
Une déférence
d'État. La République des titres et des honneurs »,
Communications, 69, janvier 2000, p. 115-137. Comment ne pas voir qu’une technique de gouvernement s’est constituée dans les distributions d’honneurs et de titres ? Avec sa conception de l'exemplarité : celle de marques valorisantes donnant en modèle des conduites qui dépassent le cadre des simples obligations légales. Et son insistance sur la justesse de comportements, gage et enjeu d’une politique des conduites qui ne se cache pas de vouloir remplacer la politique des droits ou celle des classes héritées de la Révolution française. Balzac avait qualifié cet idéal d’espionnage de la vertu : un état où « la surveillance des citoyens les uns sur les autres rend le crime impossible... où il faut ne pas raisonner pour en commettre. En effet, aucune des iniquités que la loi n’atteint pas ne reste impunie et le jugement social est plus sévère encore que celui des tribunaux ». Une intuition que philosophes et hommes de lettres vont transformer en un paradigme politique: la vertu peut aussi à sa manière être une règle de police. |
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| 1999 | |||
| «
Les concours de la
misère. La célébration de l'indigence vertueuse à travers
l'action de la Fondation Carnot », dans André Gueslin, Dominique Kalifa (dir.),
Les exclus en Europe
1830-1930, Paris,
Éd. de l'Atelier, 1999, p. 180-192. En 1895, la veuve du Président Sadi Carnot confit à l’Académie des sciences morales et politiques la mission de découvrir les plus « méritantes » des veuves d’ouvriers chargées d’enfants et frappées par la pauvreté. Pour désigner les heureuses élues, les académiciens devront mettre sur pied un véritable concours de la misère. Une ingénierie de la récompense honorifique. Invités à comparer des milliers de demandes, historiens, criminologues, économistes ou sociologues couronnés par l’Institut de France seront conduits à rétribuer les vertus du malheur. A établir des degrés dans la pénurie, à construire une figure spécifique de l’exclue méritante, à fixer des principes de la grandeur indigente. En somme, à mettre un tarif à la moralité des plus démunis. |
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| 1996 | |||
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Le protocole ou
la mise en forme de l'ordre politique, (co-dir. Yves Déloye, Claudine Haroche),
Paris, L'Harmattan, 1996. Etrange classification, celle qui fixe l’ordre hiérarchique des positions de pouvoir. Rangée sous une rubrique austère, le droit des préséances, elle ne suscite généralement qu’une attention dédaigneuse. Comment ne pas juger frivole la question des honneurs attachés aux rangs et aux fonctions ? Pourtant, la réglementation des préséances recouvre un phénomène autrement plus essentiel. Transformée en protocole d’Etat elle a permis, comme le montre ce livre, de mettre en forme un style d’autorité bureaucratique. Un mode de coercition favorisant un style impersonnel de contrôle sur et entre les divers corps d’administrateurs et d’élus. En somme, de transformer l’administration patrimoniale en une bureaucratie de fonctionnaires. Une mise en forme du politique abordée ici dans une perspective comparative et socio-historique. |
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| «
Protocole et
politique : formes, rituels, préséances » et «
Les rangs du
pouvoir. Régimes de préséances et bureaucratie d'état dans
la France des XIXe et XXe siècles », dans Yves Déloye,
Claudine Haroche, Olivier Ihl (dir.),
Le
protocole ou
la mise en forme de l'ordre politique, Paris, L'Harmattan, coll.
Logiques politiques, 1996, p. 11-18 et p. 233-261. {Texte d'un rapport présenté au Colloque international : Le protocole ou la mise en forme de l'ordre politique, organisé par l'A.F.S.P. et le C.R.P.S., Paris, 7-9 juin 1995, 35 pages} Le monopole légal que se sont arrogés les pouvoirs publics sur les prérogatives d'honneur, aussi bien les droits à la préséance que les honneurs civils et militaires ou les distinctions honorifiques a permis l'invention d'une forme spécifique d'autorité qui fut essentielle au développement d'un modèle wébérien de la bureaucratie : c'est ce chantier de recherche qu'ouvre cette étude de sociologie historique centrée sur les usages des marques de grandeur dans la France du XIXe siècle. Un système d'honneurs producteur de dépendance et de majesté politique. En un mot, devenu une technique de gouvernement à part entière. |
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