Olivier IHL

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Pour chaque thème, les publications (ouvrages, directions d'ouvrages collectifs, chapitres d'ouvrages, articles de revues, notices de dictionnaires) sont classées par ordre chronologique décroissant. La colonne de gauche indique la référence bibliographique complète; celle de droite inclut des informations complémentaires (co-auteurs, directeurs de publication, ouvrages, colloques - les images sont cliquables).

 

Élections, technologies du vote

2010  
« L'urne et le fusil. Sur les violences électorales lors du scrutin du 23 avril 1848 », Revue française de science politique, février 2010, vol. 60, n° 1, p. 9-35.
Étudier les pratiques de violence électorale, c’est réfuter un idéalisme tenace. La règle électorale ne s’est pas formée contre la violence, ni en dehors d’elle, mais au coeur de celle-ci, en utilisant ses éléments matériels pour se construire et se justifier. C’est ce que montre cette vaste enquête de terrain sur les violences du 23 avril 1848, date du premier scrutin du suffrage universel. De lutte, la politique s’est muée en une compétition. Comprendre la façon dont les règles du jeu électoral ont pu pacifier les luttes pour l’accès aux positions de pouvoir suppose de prendre acte que les violences politiques ont une histoire, une histoire inséparable des formes de l’État comme des rapports sociaux.
RFSP
2008  
L'acte de vote (avec Yves Deloye), Paris, Presses de Sciences Po, 2008.
Ce livre se veut une invitation à redécouvrir les savoirs et les pratiques qui façonnent notre expérience du vote. N'en déplaise aux commentateurs de nos soirées électorales, l'élection n'est pas seulement le moyen de faire valoir une opinion, c'est aussi un rituel social, une mise en scène codifiée en fonction de multiples enjeux.
Bulletin, scanner optique, carte électorale, urne, machine à voter : notre rapport aux instruments de la vie électorale se métamorphose. De nouvelles interrogations sur la façon d’élire et de se faire élire émergent, et l'histoire matérielle de la démocratie représentative ouvre à la réflexion de stimulantes pistes.
Cet ouvrage de synthèse sur la dimension matérielle et socio-historique des opérations électorales rassemble les résultats de plusieurs enquêtes menées depuis une quinzaine d’années. Une histoire qui révèle les défis de l'acte de vote, entre technique et politique, mises en scène et mobilisation, archaïsme et modernité.

Lire un compte-rendu de cet ouvrage par l'IRED
L'acte de vote

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2007  
« Voter en temps et en heure : quels rituels ? », dans Organiser l'expression citoyenne. Pratiques électorales, déroulement des scrutins, technologies du vote, Un dimanche au bureau de vote. Actes du colloque du 5 avril 2007, Centre d'Analyse Stratégique, Rapports et Documents, Paris, La Documentation Française, 2007, p. 53-58.
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Notices* dans Dictionnaire des élections européennes, Yves Deloye (dir.), Paris, Economica, 2005.
Traduction anglaise : Encyclopedia of European Elections (edited by Yves Deloye et Michael Bruter), Londres, Palgrave McMillan, 2007.
Comment se déroulent les élections au suffrage universel direct des parlementaires européens? Comment comprendre les résultats électoraux des scrutins européens depuis 1979? Quelles sont les modalités pratiques et symboliques mises en ouvre lors des élections du Parlement européen? Quelles conséquences politiques et identitaires ces élections provoquent-elles? Quelle est la nature des clivages idéologiques qu'elles révèlent? Plus encore que retenir de cette expérience démocratique majeure dans le monde occidental contemporain: celle d'une procédure de sélection électorale inédite, transnationale, porteuse d'un modèle de citoyenneté européenne et de souveraineté post-étatiques? Telles sont, parmi d'autres, les questions auxquelles ce Dictionnaire des élections européennes tente d'apporter une réponse. Cet ouvrage encyclopédique a été conçu comme un ouvrage de référence. Il est destiné à tous ceux qui sont conduits à réfléchir au devenir de la représentation politique et de la démocratie dans l'espace européen. Tous devraient y trouver des outils d'analyse éprouvés mais aussi des questionnements encore largement ouverts sur les effets et les modalités d'évolution des pratiques électorales communautaires. Ce Dictionnaire comprend cent quarante-deux articles, rédigés par plus de quatre-vingts auteurs, européens pour la plupart, qui sont parmi les meilleurs spécialistes de leur domaine. Ce corpus est complété par un cahier cartographique et un index thématique.
* « Acte électoral européen » (avec Y. Deloye) »; « Financement communautaire de partis politiques »; « Administration électorale »; « Indemnités parlementaires » (avec Y. Deloye); « Blanc et nul (Vote) »; « Liste électorale »; « Bulletin » (avec Y. Deloye); « Observation des élections » (avec N. Dompnier); « Campagne électorale (financement) »; « Opérations électorales »; « Compte de campagne »; « Programme électoral »; « Électeur(trice)"; « Technologie électorale ».
Dictionnaire des élections européennes
Encyclopedia of European Elections

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2006  
« Pour une histoire matérielle de la démocratie », (avec Yves Déloye), Critique, 697-698, juin-juillet 2005, p. 484-495.
Cet article offre un bilan méthodologique des travaux consacrés aux rituels du vote en revenant sur six ouvrages récents portant sur cette question. Il s'efforce en particulier de saisir l'enjeu du regain d’attention que suscite l’étude des formats et formalités de vote. Plusieurs ouvrages ont frayé la voie ces dernières années à un retour en force de telles préoccupations. Alors que certains imaginent déjà la possibilité d'un vote par téléphone, par carte magnétique ou sur le World Wide Web de la communication électronique, le point vaut d’être rappelé. La force des dispositifs d'expression et de dénombrement des « opinions » dépend de relations multiples, notamment de l'interaction entre des règlements, eux-mêmes ouverts à des usages socialement différenciés et les savoir-faire engagés dans l'opération du vote. Une occasion de prendre au sérieux l'action proprement politique des instruments du vote. Ouvrages commentés : Margaret L. Anderson, Practicing democracy ; Mounia Bennani-Chraïbi, Myriam Catusse, Jean-Claude Santucci (dir.), Scènes et coulisses de l’élection au Maroc ; Brian L. Fife et Geralyn M. Miller, Political Culture and Voting systems in the United States ; Ron Hirschbein, Voting rites ; Patrick Quantin (dir), Voter en Afrique ; Philippe Tanchoux, Les procédures électorales en France.
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« Le pouvoir de la règle. Sur la codification de la représentation proportionnelle dans la France des XIXe et XXe siècles », Ateliers, numéro spécial Logiques de l'extériorité, 27, 2004, p. 47-80.
La réforme du mode de scrutin ne manque jamais en France de soulever les plus vives controverses. Quelle que soit son ampleur, elle provoque des réactions passionnées, et déjà chez ceux dont la position dépend étroitement de l'ancienne configuration de jeu. Mais quel est au juste le pouvoir de régulation d’un mode de scrutin ? De quelle extériorité bénéficie ce type de règle électorale ? En apparence très simple, cette opération (objectiver les conditions du décompte des voix pour transformer les suffrages en mandats) a donné naissance depuis un siècle à des formes d'expertise particulièrement sophistiquées. Ce qui leur valut presque aussitôt d'être qualifiées de « science électorale ». Non sans malentendu. L'art de comptabiliser les suffrages exprimés s'est d’abord établi sur un rapport d'usage : celui des élus comme des autorités administratives attentifs à rendre prévisibles les modalités du décompte des voix, celui aussi des juristes engagés dans le contentieux des procédures de vote ou de journalistes spécialisés dans la prospective électorale. Aussi l’étude des systèmes électoraux a-t-elle connu un essor considérable. C’est ce à quoi s’attache cet article en suivant le cas de la représentation proportionnelle.
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2004  
El voto, Santiago du Chili, Editions Lom, 2004.
{édition revue et augmentée pour l'Amérique Latine, traduction d'Inès Picazo}
¿Qué justifica un procedimiento como la elección? Rara vez buscamos explicar lo que recubre la institución que le sirve de emblema: el voto. ¿Cuáles son los instrumentos que pueden regular la competencia para acceder a los puestos de poder? ¿Cuàles son los aspectos relevantes del análisis cientificà sobre los comportamientos suscitados por el acto de votar? ¿Cuál sería la influencia ejercida sobre las maneras de hacer política, es decir, tanto las maneras de votar como las de ser elegido? Olivier Ihl desarrola las interrogantes suscitadas por lo que puede llamarse la sociologia histórica del voto. Ello importa una reinterpretación global del valor atribuido al sufragio, que se presenta como un tribunal delante del cual comparecen las figuras de autoridad, ese que obliga al poder a inclinarse. Así el voto hace del ciudadano ya no el objeto, sino el sujeto de lo político. La eleccion no solo suma los votos sino que favrica y perpetúa una division del trabajo dentro del espacio público. Y al analizar cómo se utiliza, podermos ver que, en algunos Estados, quien resulta elegido por sufragio, en más de un 90 % corresponde a aquel que más dinero invirtió en la campaña electoral.
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2003  
« Sur la barbarie populiste », dans Vincent Duclert, Christophe Prochasson, Perrine Simon-Nahum (dir.), Il s'est passé quelque chose... le 21 avril 2002, Paris, Editions Denoël, 2003, p. 144-155.
Le 21 avril 2002, la France a été choquée par les résultats de l’élection présidentielle. « Séisme », « raz de marée », « tremblement de terre » : à croire les éditoriaux, le résultat de ce scrutin fut une surprise. Personne n’avait rien vu venir… Et pourtant. Le 21 avril a été précédé d’un 17 Mars (2002) au Portugal, d’un 20 Novembre (2001) au Danemark. Pour ne rien dire des derniers scrutins législatifs en Autriche, en Suisse ou en Italie. Il été suivi d’un 15 Mai aux Pays-Bas et même, n’en déplaise aux « Candide de la politique », d’un 15 Septembre en Suède. L’article revient sur ce mouvement de fond, celui d’une contestation de la légitimité même de la démocratie représentative, en s’efforçant de dégager les dynamiques sociales et politiques qui ont pu lui donner naissance. Sur la fabrique de l’événement et l’épuisement d’un modèle de représentation et de décision lui-même appuyé sur une science de gouvernement aujourd’hui en pleine métamorphose. (Descriptif se rapportant à l'ouvrage)
Il s'est passé quelque chose... le 21 avril 2002
« Un battement d'aile de papillon. Sur les usages des dispositifs de vote aux Etats-Unis », dans Jacques Lagroye (dir.), La politisation, Paris, Belin, 2003, p. 279-299.
En 1963, la communication d'Edward Lorentz l’énonçait comme une boutade : « Est-ce qu'un battement d'ailes de papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas ? ». Sous la plume des éditorialistes et de nombre d’ « experts », le point d’interrogation est oublié. La formule a désormais l’allure d’une sentence : le papillon de Floride a fait trembler Washington. Un fétichisme procédural qui, faute de s’interroger sur la manière dont, au cœur de chaque technologie de dénombrement, se rencontrent stratégies de promoteurs, controverses académiques et instrumentation partisane, faute aussi de se déprendre d’un certain positivisme managérial en matière de vote, risque fort de ne susciter qu’à un lynchage technologique. Un de plus dans une histoire électorale qui en comprend déjà beaucoup. C’est pourquoi il faut revenir sur ces méthodes de comptage censés garantir l’exactitude des résultats électoraux. Revenir sur les conditions de légitimité d’un scrutin : qu’est-ce qui assure la crédibilité d’un chiffre de vote ? Revenir sur les instances qui viennent certifier la valeur démocratique d’une élection (quel rôle y jouent les avocats, cabinets de consultants, sondeurs et politologues ?). Revenir sur les intérêts professionnels qui valorisent certaines technologies de vote (fabricants, entreprises médiatiques, bureaux d’étude spécialisés). En somme, sur les attendus proprement politiques du souci de « performance » en la matière.
La politisation

Hommage à Jacques Lagroye
La tentation populiste au cœur de l'Europe, (co-dir. Janine Chêne, Eric Vial, Ghislain Waterlot), Paris, La Découverte, 2003.
Depuis quelques années, dans les démocraties européennes, se sont développés des partis et des mouvements qualifiés de « populistes ». En Autriche, en Suisse, aux Pays-Bas, en Italie mais également en France ou au Danemark, en Belgique ou au Portugal. Devant l’ampleur du phénomène, certains observateurs ont évoqué le déferlement d’une véritable lame de fond. À quelques semaines d’intervalle, l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle française et le succès de la liste Pim Fortuyn aux Pays-Bas ont fini par convaincre les plus réticents. Sans cesse sollicitée, la notion de populisme a fini ainsi par devenir un mot-valise : sans doute irremplaçable mais terriblement équivoque. Un terme qui ne cesse de gagner en extension ce qu’il perd en capacité de désignation, fonctionnant autant comme épouvantail que comme principe de mobilisation ou catégorie d’analyse. C’est pour comprendre les ressorts et la portée de ce phénomène qu’a été réalisé cet ouvrage qui rassemble les meilleurs spécialistes européens : philosophes, historiens, politistes, sociologues ou juristes. Les auteurs montrent en particulier combien cette notion doit être réexaminée, d’abord au regard des évolutions des formes de l’action publique dans les sociétés européennes. Ensuite, par rapport à la trame de ses usages les plus immédiats, notamment ceux visant à légitimer ou délégitimer les leaders et mots d’ordre de mouvements qui prospèrent surtout par leur dénonciation des « pathologies » d’une démocratie confisquée. Une manière de mieux comprendre la contestation dont est l’objet aujourd'hui la démocratie représentative, le rôle des savoirs gouvernementaux dans cette « crise », d’éclairer en somme les enjeux d’un tournant néo-populiste semblable à un nouveau spectre venant hanter le Vieux Continent.
La tentation populiste au coeur de l'Europe

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« Un concept assassiné. Pim Fortuyn et le populisme batave », dans La tentation populiste au cœur de l'Europe, Olivier Ihl, Janine Chêne, Eric Vial, Ghislain Waterlot (dir.), Paris, La Découverte, 2003, p. 228-244.
Mercredi 15 mai 2002. La liste de Pim Fortuyn (Lijst Pim Fortuyn ou LPF) devient, lors des élections législatives, la seconde formation politique des Pays-Bas. Un résultat qui lui ouvre toutes grandes les portes du gouvernement de coalition que s’apprête à diriger le chrétien-démocrate Balkenende. C’est ce qui fait la dimension critique de cet appel au peuple. Abstention croissante, coupure entre élus et citoyens, éloignement des pouvoirs : autant de pathologies de la démocratie représentative auxquelles la rhétorique populiste propose, elle, une solution immédiate. Un procès instruit avec « l’appui » conjoncturel de telle ou telle affaire de corruption, ou sur le fond d’une anomie urbaine toujours plus prononcée, avec sa détérioration des conditions de logement, ses modes d’aliénation culturelle et de « compétition » dans le travail. Ces évolutions, qui laissent sans réponse le politique, ne menacent-elles pas les fondements de la démocratie sous sa double figure électorale et institutionnelle ?
La tentation populiste au coeur de l'Europe

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2002  
« Une ingénierie politique. Augustin Cauchy et les élections du 23 avril 1848 », Genèses, 49, décembre 2002, p. 5-25.
{numéro consacré aux "Formes et formalités du vote" et coordonné par Olivier Ihl et Nicolas Mariot}
Cet article examine ce que recouvre l’expertise des mathématiciens et géomètres de l’Académie des Sciences dans l’organisation du suffrage universel lors du scrutin du 23 avril 1848. L’historiographie n’a cessé d’insister sur le rôle prééminent des juristes emmené par Cormenin dans ces préparatifs. Or, l’emprise des ingénieurs réformateurs fut essentielle. Et avec eux une « science de gouvernement » sur laquelle se penche l’auteur. Celle d’un savant : Augustin Cauchy, célèbre mathématicien français du XIXe siècle. Celle d’un réseau aussi : celui des Ponts et Chaussées et de l’Ecole Polytechnique. Analyser leur part dans les Instructions électorales d’avril 48 ne revient donc pas à réparer une injustice mais à analyser l’entrée en jeu d’une véritable ingénierie électorale.
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« Socialisation et évènements politiques », Revue française de science politique, vol. 52, avril-juin 2002, p. 125-144.
Si les vecteurs de socialisation qui participent à la formation des systèmes de représentations politiques ont depuis longtemps été reconnus comme multiples, l'événement politique a, lui, été longtemps négligé. On y verra les limites des méthodologies issues de la psychologie du comportement et de la théorie du "learning". Reste que cette hypothèque a longtemps nui aux études consacrées à la formation des jugements politiques, les enfermant dans une construction souvent unidimensionnelle. C'est à reconsidérer l'apport de ces travaux qu'est consacré cet article. Avec une question qui lui sert de fil directeur : comment une expérience politique peut-elle accéder au statut d'emblème et, à ce titre, se muer en agent de socialisation à part entière ? Ces dernières années, de stimulantes réponses ont été apportées à cette question, au carrefour des problématiques, des concepts et des enjeux propres à chacune des grandes traditions d'étude qui organisent chez les sociologues comme chez les historiens l'appréhension de la socialisation politique. D'où une invitation à élargir la définition habituellement retenue de la socialisation politique afin de mieux comprendre la façon dont s'organise la rencontre entre évènements politiques et formation des attitudes.
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2001  
Articles « Unanimité » (p. 919-921), « Acclamation » (p. 5-7), « Grands électeurs » (p. 493-495), « Urne » (p. 928-930), « Vote rétrospectif et prospectif » (p. 801-804), « Vote public et privé » (p. 962-967), dans Pascal Perrineau, Dominique Reynié (dir.), Dictionnaire du vote, Paris, PUF, 2001.
L'habitude nous conduit trop souvent à assimiler vote, élection et démocratie. Or à feuilleter les 400 articles que contient cet ouvrage unique en son genre, force est de constater que le vote, par son champ, ses applications et son histoire, dépasse de beaucoup le seul cadre de nos sociétés politiques contemporaines. D'où l'extrême variété des entrées de ce dictionnaire : prix littéraires, prix Nobel, oscars, côtoient les procédures d'élection du doge vénitien ou le fonctionnement des conseils d'administration. Plus classiquement, les systèmes électoraux danois, portugais, néo-zélandais, chinois accompagnent les biographies électorales de Bill Clinton, Lionel Jospin, Helmut Kohl ou du général de Gaulle.
Dictionnaire du vote
2000  
Le vote, Paris, Montchrestien, coll. Clefs, 2000 (1ère éd. 1996).
La supériorité du vote est de nos jours proclamée par toutes les chartes constitutionnelles. Mieux : elle est célébrée comme un modèle universel d'accès au bien commun. Mais que savons-nous au juste de cette procédure de désignation ? D'où vient-elle et comment s'est-elle imposée ? Pourquoi la lutte politique a-t-elle pris la forme qu'on lui connaît, celle d'une compétition entre des structures spécialisées dans la conquête et la conservation des mandats ? Quels sont les fondements de cette « démocratie électorale » ? Quels sont les instruments, les procédures, les savoir-faire qui concrètement la rendent possible ? En quoi le bulletin de vote peut-il être tenu pour le verdict d'une opinion ? Où en est la « science » électorale en cette fin de siècle ?
Voilà quelques-unes des interrogations auxquelles invite cet ouvrage. Alors que les sirènes du temps inciteraient plutôt à psalmodier, par exemple que « La démocratie, c'est l'élection plus les partis » comme on disait autrefois « Le communisme, c'est l'électricité f lus les soviets », un pari est ici relevé : restituer à acte du vote toute sa richesse historique et politique. Traverser l'espace et le temps pour rendre compte des multiples expériences que ce rite politique a abritées, depuis la Grèce ou la Rome antiques jusqu'aux campagnes « high tech » des récentes élections présidentielles américaines. Une manière de faire mieux connaissance avec une institution devenue à ce point familière qu'elle nous paraît souvent invisible : l'institution électorale.
Le vote

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1999  
Articles « Représentation », « Revendication », « Légitimité », « Système politique », « Pétition », dans Pierre Ansart, André Akoun (dir.), Dictionnaire de sociologie, Paris, Le Robert/Le Seuil, 1999.
Banlieue, exclusion, idéologie, mass-media, société de consommation, sondages d'opinion : le vocabulaire de la sociologie pénètre notre vie quotidienne autant qu'il s'en nourrit et s'y affronte dans la questionnement du "fait social". Dans cette confrontation, des débats surgissent : théories et méthodes s'opposent sur la définition même des concepts dans une richesse terminologique que le dictionnaire s'emploie à démêler. C'est que "le réel est inépuisable, (...) tout objet de connaissance offre donc place à une infinité de points de vue possibles" (Durkheim).
Dictionnaire de sociologie
« Tours de main et double jeu. Les fraudes électorales depuis la Révolution française », dans Yves Poirmeur, Pierre Mazet (dir.), Le métier politique en représentations, Paris, L'Harmattan, 1999, p. 51-88.
Reprenant dans une publication française l’enquête publiée par Kluwer Law International sur les fraudes électorales, cet article s’intéresse à la période du règlement des litiges électoraux. Celui des recours et des contestations. Intentées soit par les victimes, soit par les fraudeurs eux-mêmes, ces réclamations alimentent un contentieux qui est loin d’être négligeable, loin aussi de ne réconcilier que mauvais perdants et mauvais joueurs. D’où le fil directeur de cet article qui consiste à poser dans toute son étendue une question : qu’est ce qu’une fraude en matière d’élection ? Sur quels savoirs faire repose-t-elle ? On s’effarouche devant la corruption électorale, on la redoute, on al proscrit. Et pourtant, tout montre qu’il existe bel et bien une prime proprement politique à la fraude.
Le métier politique en représentations
« Deep pockets. Sur le recrutement ploutocratique du personnel politique aux États-Unis », dans Michel Offerlé (dir.), La profession politique XIX-XXe siècles, Paris, Belin, 1999, p. 333-356.
{Texte issu d'un rapport à la table ronde : Professions, profession politique organisée par l'A.F.S.P., Ve Congrès, Aix-en-Provence, 22-26 avril 1996, 32 pages}
L’étude du financement des campagnes des congressmen aux Etats-Unis permet de réévaluer les réquisits économiques de la professionnalisation politique. La campagne électorale n’est pas ouverte aux candidats qui veulent et savent se présenter. Elle est d’abord ouverte à ceux qui peuvent la financer. D’où la montée de la règle de l’autofinancement. Etudier la carrière politique sous cet aspect, c’est dégager les conditions sociales de l’activité de représentation et ce dans une situation où la logique notabiliaire (le propriétaire d’une grande fortune jouissant d’un statut économique indépendant) et celle de représentants des grandes formations partisanes, loin de s’opposer, se confondent. C’est l’essor de l’entrepreneur ploutocratique dont cet article examine l’avènement dans les élections américaines en observant notamment le rôle des spécialistes des campagnes dans l’essor de ces batailles financières.
Profession politique
1998  
« Les fraudes électorales. Problèmes de définition juridique et politique », dans Raffaele Romanelli (dir.), How did they become voters. The History of Franchise in Modern European Representational Systems, La Haye, Kluwer Law International, 1998, p. 77-110.
{Texte d'un rapport présenté au Colloque international : How Did They Become Voters ? The History of Franchise in Modern European Representational Systems, organisé par l'Institut Universitaire Européen, Florence, 20-22 avril 1995, 35 pages}.
Les fraudes n’ont jamais cessé d’accompagner la pratique du vote. Est-ce à dire que leur fondement est à chaque fois la même pulsion coupable ? Certains le soutiennent qui privilégient une lecture psychologique ou anthropologique du phénomène. C’est oublier que les manipulations électorales ont une historie. Que celle-ci est inséparable des formes de l’Etat comme de la nature du lien civique, oublier surtout que si le droit objective les règles du jeu politique, il n’explique pas leurs conditions d’émergence et de fonctionnement, ne dit rien sur les usages qui en contrepoint des techniques juridiques, façonnent le recours aux poursuites judiciaires, rien non plus sur les rapports sociaux qui se sont constitués ou modifiés à travers eux. C’est le fil directeur de cette enquête sur la panoplie des savoir-faire propres au travestissement des résultats électoraux depuis la Révolution française jusqu’à nos jours.
How did they become voters
1993  
« La civilité électorale : vote et forclusion de la violence en France », (avec Yves Deloye), Cultures et conflits, 9-10, 1993, p. 75-96.
Republié dans Philippe Braud (dir.), La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L'Harmattan, 1993.

{Contribution reprenant un rapport présenté au IVe Congrès de l'Association française de science politique : 'Espace, vote et violence : L'expérience des bureaux de vote en France (XIXe-XXe siècle)», Paris, 23-26 septembre 1992, 43 pages}.

Quel peut être l'intérêt de mettre en parallèle l'expérience électorale avec le phénomène de la violence politique ? Il est d'abord de libérer certains des problèmes théoriques que soulève l'inscription d'un tel geste dans la trame quotidienne des relations sociales. La pratique du scrutin ne reste pas sans effet sur ses utilisateurs. Elle heurte, bouleverse, transforme leurs conduites car ses modalités particulières pèsent directement sur les usages qui viennent périodiquement l'investir. Il est ensuite de montrer que la pratique du vote s'apparente non seulement à une technique d'enregistrement des "opinions" mais aussi à un outil d'apprentissage et d'acculturation. Sa généralisation à partir de la fin du XIXe siècle s'établit sur un double mouvement : d'une part, l'émancipation des formes traditionnelles de rapport à soi qui favorisaient l'explosion des violences tantôt communautaires tantôt révolutionnaires, d'autre part, la diffusion d'un système de représentations célébrant la primauté de la conscience individuelle comme principe légitime de choix politique.
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La violence politique dans les démocraties européennes et occidentales
« L'urne électorale. Formes et usages d'une technique de vote », Revue française de science politique, (numéro spécial "L'acte de vote"), vol. 43, 1, 1993, p. 30-60.
{Texte présenté au colloque international : L'acte du vote en question : Les expériences françaises et étrangères, organisé par le C.R.P.S. et l'A.F.S.P. à Paris les 8 et 9 décembre 1992, 34 pages, Numéro "Des votes pas comme les autres" coordonné par Yves Déloye et Olivier Ihl}
Instrument essentiel de la pratique électorale, l’urne a connu, à l’instar de la plupart des équipements du vote, une mise en œuvre largement improvisée. Véritable « objet total », elle symbolise à elle seule la primauté acquise par cet idéal de rationalité politique que l’on désigne comme démocratique. L’étude de son inscription au cœur du dispositif électoral permet de mieux comprendre le rôle des protocoles techniques qui encadrent la pratique du vote. Car, avant d’être un produit standardisé, la boîte de scrutin a fait l’objet de multiples expériences : des tâtonnements, des résistances, des transactions dont l’importance est révélatrice des attentes qui pèsent sur le suffrage universel.
1991  
« Des voix pas comme les autres. Votes blancs et votes nuls aux élections législatives de 1881 » (avec Yves Déloye), Revue française de science politique, vol. 41, 2, avril 1991, p. 141-170.
L’acte de vote représente un terrain d’observation privilégié du travail d’éducation politique à la fin du XIXè siècle. Entreprendre une ethnographie de ce geste électoral suppose que l’on soit tout aussi attentif à ses formes légitimes qu’à celles, contestataires ou déviantes, que sont généralement l’abstention ou le vote « blanc et nul ». L’étude approfondie des bulletins annulés au cours des élections législatives de 1881 met notamment en évidence la pluralité des savoir-faire engagés dans cette procédure de désignation. Elle informe également sur la nature des résistances qui ont pu se manifester lors de la mise en œuvre de la citoyenneté républicaine. Une telle perspective aboutit ainsi à reformuler la valeur du suffrage : celui-ci n’est plus envisagé à partir des significations propres à la scène politique mais du point de vue de l’électeur, des attentes qui pèsent sur lui, de l’apprentissage auquel il a du consentir.
« Légitimité et déviance. L'annulation des votes dans les campagnes de la IIIe République » (avec Yves Déloye), Politix, vol. 15, numéro spécial "Le politique en campagne", 1991, p. 13-24.
{Texte d'un rapport présenté au colloque : Les agriculteurs aux urnes, organisé par l'A.F.S.P. et l'Association des Ruralistes Français à Bordeaux les 15 et 16 novembre 1990}
Parmi les bulletins de vote, les plus riches d’enseignement sont assurément ceux qui, accumulant les indices de suspicion, ont été annulés par les assemblées électorales. Réputés soit « fantaisistes » soit « blancs » soit encore contraires aux règles définissant la normalité du vote, ils paraissent a priori pleinement justifier l’usage qui les a fait appeler des « voix perdues ». Ils sont précisément l'objet de cette enquête, dont la première partie a été publiée par la RFSP. Ces bulletins sont les traces d’une déviance électorale, qui fait découvrir les résistances rencontrées par ce jeune rite social qu’est le suffrage universel. L’examen circonstancié des bulletins annulés et annotés le fait comprendre à sa manière.